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  • II - Les algériens sont bel et bien des enragés


     Mirage phosphatier et raidissement espagnol

    Or la restitution de Tarfaya en 1958 et de Sidi Ifni en 1969, comme on le voit, ne s'est pas effectuée d'un seul tenant, le général Franco jouant à sa guise le tempo, appliquant un détestable principe colonial de « un tiens vaut mieux que deux tu l'auras» ! 1969, c'est l'année où la maladie de Parkinson commence à ronger gravement le maréchal Franco, alors âgé de 77 ans…mais caparaçonné de ses rêves et mirages d'empire espagnol au Sahara !...

    Toujours est-il qu'en 1964, le Maroc saisit encore par une motion le Conseil de sécurité de l'ONU afin que le gouvernement franquiste ouvre des négociations immédiates sur son retrait de nos provinces.

    Rien n'y fera, et le caudillo, au faîte de sa puissance dictatoriale, lance son projet d'organisation administrative, intégrant de facto les provinces du Sahara dans la législation espagnole. S'il cède Tarfaya et l'enclave de Sidi Ifni, c'est pour fourvoyer à la fois l'ONU et la communauté internationale, c'est aussi– les enjeux économiques aidant –, pour mieux s'assurer la mise en valeur de la Saguia el-Hamra et du Rio de Oro. C'est en 1960 que le gisement des phosphates du Sahara sous occupation espagnole est découvert, il suscite à la fois l'engouement et un raidissement de la politique coloniale.

    Il laisse à penser que, devant les perspectives offertes par le nouveau pactole, Madrid ne se résoudra jamais à décoloniser le territoire, à la différence du Portugal et de la France qui, à l'époque se sont résolus à émanciper leurs anciennes colonies.
    D'où une série d'atermoiements et de louvoiements où, intérêts régionaux contradictoires exigent, l'on voit se réveiller les démons, les appétits affichés des uns et des autres, bref une sorte de camarilla étrange, mise en branle d'Alger à Madrid
                                                

     Le polisario, né dans les fourgons algériens

    L'ancien chef du gouvernement de Franco jusqu'en 1973, amiral de son état, Luis Carrero Blanco, n'y allait pas de main morte.Il fut assassiné d'ailleurs par quatre membres du mouvement séparatiste de l'ETA…Il représentait de gros intérêts espagnols et…allemands à travers le Konzern Krupp, installé à Bou-Craa, protégé par une milice de 3000 hommes du tercio, retranchés dans un camp militaire tout près des sites d'extraction…

    En septembre 1974, las de voir piétiner le dossier aux Nations unies, désireux aussi de donner une suite logique à notre revendication et donc à nos droits historiques, feu S.M. Hassan II convoque la presse internationale et la prend à témoin : il annonce que l'année 1975 qui vient, sera celle du Sahara. En même temps, il dépêche plusieurs délégations dans les capitales du monde entier expliquer le bien-fondé de notre revendication.
    C'est à la fois un tournant dans la diplomatie marocaine et le point de départ d'une clarification propre à incliner les «autres parties» à dévoiler leur jeu. Dans la foulée, l'ONU a demandé à la Cour internationale de justice (CIJ) de rendre un avis consultatif. Trois ans plus tôt, de jeunes sahraouis, dont notamment Brahim Bassir, parti faire ses études à Damas et revenu fonder son journal à Rabat du nom d'Al-Chihab, manifestent un peu partout pour réclamer la libération du Sahara du joug colonial espagnol. Réprimés, poursuivis, ils militent tour à tour au sein du MOREHOB, du PUNS, du FLU ou du mystérieux mouvement Mouslim.

    Ils étaient à mille lieux, en effet, de la mouvance marxiste-léniniste qui fleurissait en ce temps au sein de la faculté Mohammed V de Rabat. Parmi eux, un certain Mustapha Sayed El Ouali, flanqué de son frère Bachir, Mohamed Abdelaziz, dit «Abdelaziz Marrakchi»… Le premier des trois, El Ouali vivait sous une obsessionnelle emprise idéologique de Sayed Qotb, leader spirituel des frères musulmans en Egypte, emprisonné et exécuté par Nasser.

    Il appartenait davantage à l'obédience istiqlalienne qu'à la chapelle du gauchisme ambiant. Mais, se «sentant incompris», plus ou moins «lâchés» à une époque où un certain général Oufkir, alors ministre de l'Intérieur, était en intelligente félonie avec les adversaires de notre cause, les jeunes sahraouis ont pris le chemin de l'exil. D'abord en Libye où, tout de suite après son coup d'Etat de septembre 1969, le colonel Kadhafi décide d'ouvrir les portes de son pays à tous les «mouvements révolutionnaires» du monde et de les soutenir (Black Panthers, Black Muslim, ETA, IRA, Baader-Meinhoff, Erythréens ).

    Ensuite en Algérie à partir de 1974…Entre temps, réunis avec d'autres à Zouérate le 10 mai 1973, les jeunes sahraouis en provenance du Maroc et de Mauritanie aplanissent leurs divergences et, comme on dit en langage marxiste, " surmontent leurs contradictions, principale et secondaire ". Sous le regard bienveillant et complice des " services " espagnol et algérien, il fondent alors le " polisario "…

    Depuis lors, ils sont repris en main, encadrés, orientés, financés, armés et mobilisés par le pouvoir algérien. La question centrale à laquelle jamais aucune réponse, officielle ou officieuse, n'a été donnée est de savoir qui, dans ce rassemblement groupusculaire composite, est authentiquement sahraoui et qui ne l'est pas ?

    Faux réfugiés de Tindouf

    Les associations marocaines, les observateurs, le HCR (Haut Commissariat aux Réfugiés de l'ONU) n'arrêtent pas d'exiger depuis 1976 une authentification des membres du prétendu mouvement sahraoui.
    L'on sait, en revanche, parce que cela a été prouvé, que les sécheresses endémiques de 1983, 1984, 1985, 1989 et des années suivantes, ont conduit à l'exode des populations entières, parties du Mali, du Niger, de Mauritanie, du pays touareg aussi, acculées à fuir les rigueurs du climat et la famine, à errer dans la déshérence totale avant d'être récupérées par le polisario et, faute d'autre choix, à être enrôlées de force dans ses rangs. Elles ont ainsi grossi artificiellement le chiffre de ses effectifs, le faisant grimper sans foi ni loi à quelque 90.000 personnes.

    On ne cesse de le dire : au lendemain de la récupération du Sahara par le Maroc en 1975, une poignée de Sahraouis, en majorité marocains et des mauritaniens, entraînant de force derrière eux quelques familles, se sont repliés à Tindouf d'où partaient quelques mois auparavant – encouragées par les services algériens - les incursions armées contre les forces espagnoles au Sahara ! On pouvait à la limite en dénombrer tout au plus quelque 2 à 2.500 personnes, dont beaucoup, du reste, n'étaient pas membres du polisario, mais arrachées de force à leur terre…Imagine-t-on seulement la tragédie humaine d'un exode de plus 20.000 personnes, ou plus comme le prétend le polisario ? Ni la presse internationale, ni les institutions ne se seraient tues, on peut en être sûrs, si un exode aussi massif s'était avéré ? Cela dit, le Maroc ne cesse de réclamer le retour non pas des «réfugiés» comme l'affirme la propagande du polisario, mais des «séquestrés» marocains dans les camps de Lahmada de Tindouf, auxquels s'étaient ajoutés des soldats des FAR. La nuance est de taille.

    L'ambiguïté entretenue aussi. Parler, en effet, de 80.000 «sahraouis», de surcroît «réfugiés", c'est nous faire prendre des vessies pour des lanternes. En 1974, un recensement – le seul jusque-là d'ailleurs - effectué par le gouvernement espagnol à la demande des Nations unies, dénombrait quelque 74.000 habitants du Sahara occupé. Après sa rétrocession en 1975, la quasi unanimité de la population, on l'a vu, n'a pas bougé, ne s'est pas déplacée du territoire.

    Quand bien même, la propagande du polisario nous affuble de plus de 100 000 sahraouis «réfugiés», la réalité des chiffres et la loi démographique sont là pour le démentir. Un pays comme la Mauritanie, qui possède un taux de croissance démographique élevé de 2,88%, a vu sa population passer en 44 ans, de1962 à 2004, d'un peu plus de 1 million à 3 millions d'habitants, soit une hausse de près de 400.000 tous les 6 ans…Or, 6 ou 8000 «combattants du polisario», évaporés dans le désert en 1976, implantés à Tindouf peuvent-ils se démultiplier aussi vite, à supposer que l'on succombe au mythe volatile de la «génération spontanée» ? A dire vrai, les «réfugiés» de Tindouf possèdent toutes les qualités, sauf celle d'être «sahraouis» : ils sont algériens, maliens, nigériens, touaregs, mauritaniens et marocains.

    La Marche verte, déclenchée le 6 novembre 1975, a mobilisé quelque 350.000 volontaires. Elle a été annoncée le jour même où à La Haye, la CIJ a rendu son avis consultatif à la demande de l'Assemblée générale de l'ONU et confirmé nos droits historiques et politiques, lancée ensuite le 6 novembre par feu S.M. Hassan II. Elle est intervenue à un moment où le général Franco, irréductible adversaire de l'intégrité territoriale du Maroc, agonisait depuis des semaines.

    Il mourra le 20 novembre, six jours après la signature le 14 novembre à Madrid de l'accord tripartite, entre l'Espagne, le Maroc et la Mauritanie qui met un terme au contentieux maroco-espagnol sur le Sahara et décolonise ainsi le territoire en vertu des dispositions de la charte des Nations unies. Recevant, toutefois, trois mois auparavant au Palais du Pardo Kurt Waldheim, alors secrétaire général de l'ONU, Franco déclarait que «si les populations ne veulent plus de l'Espagne, il est clair que l'Espagne doit s'en aller» ! Lâché dans une lassitude peu nuancée, le propos faisait écho, en effet, aux nouvelles plutôt mauvaises en provenance du Sahara que l'agitation gagnait gravement et où la crise devenait chaque jour plus aiguë.

    L'obsession d'une Algérie méditerranéenne,saharienne et atlantique

    Mais le propos ne tombait dans l'oreille d'un sourd et les dirigeants algériens en font à la fois un argument et un blanc-seing pour, enfin, donner libre cours à leurs ambitions étriquées et découvrir aussi leur vrai visage.

    Le gouvernement algérien, qui jusqu'en juin 1975 seulement se disait «intéressé», notamment par la décolonisation du territoire sous les auspices de l'ONU, changeait brutalement de cap fin octobre, après que la CIJ eut donné son avis : il ne ménageait plus désormais son soutien officiel aux mercenaires du polisario, il ne cachait plus son hostilité et son opposition à la perspective d'un désengagement par l'Espagne du territoire. Autant que faire se peut, il s'échinait, notamment aux Nations unies, à user des subterfuges et des manœuvres dilatoires pour entraver tout processus de retour possible du Sahara au Maroc. On pouvait, on devait pourtant – pour peu que l'on prêtât quelque attention à ses louvoiements – deviner la duplicité à laquelle ses membres se livraient. Les logomachies et les sophismes de son représentant à la CIJ nous auraient fourni matière à convaincre ! En 1965, le Maroc avait usé de la légalité internationale en faisant voter une résolution au Comité de décolonisation des Nations unies – le même qui aujourd'hui s'agite dans un bocal – pour exiger de l'Espagne de hâter la décolonisation du Sahara et de Sidi Ifni. En juin 1968, feu S.M. Hassan II, au Sommet de l'OUA réuni à Alger, «proposait de poursuivre le dialogue en vue de convaincre frères et amis de la légitimité des revendications marocaines, dans le cadre des résolutions de l'ONU et de l'OUA». Le climat au niveau des États maghrébins semblait d'autant plus favorable que l'Espagne, confrontée à leur «entente» n'avait que le choix cruel : négocier ou raidir sa position.

    Cependant, ne mesurant pas que l'entente tripartite n'était qu'un faux mirage, ne réalisant à vrai dire pas encore le jeu apocryphe du gouvernement algérien, le Maroc finira par découvrir et se résoudre à cette pénible réalité lors du Sommet maroco-algéro-mauritanien de Nouadhibou réuni le 14 septembre 1970. Il sera suivi trois ans plus tard, le 23 juin 1973 à Agadir par un autre Sommet du même genre, avec les mêmes acteurs : feu S.M. Hassan II, feu Houari Boumediene et feu Mokhtar Ould Daddah. Les ambitions algériennes se dévoilent, alors qu'en sous-main se fomente l'embrigadement de ce qui deviendra le «polisario» et se déploie déjà une diplomatie hostile. Le Maroc parvient alors à cette conclusion qu'après avoir fait d'énormes concessions aux «partenaires» en question sur d'autres plans, ces derniers persistaient à saboter ses efforts pour récupérer son Sahara, tout simplement parce que la perspective d'un départ de l'Espagne du Sahara laissait, à l'évidence, entrevoir pour eux une autre tentation…Pourtant, réunis à Ifrane en janvier 1969, feu S.M. Hassan II et Houari Boumediène semblaient avoir, à tout le moins sur un plan officiel, aplani le différend maroco-algérien sur les frontières en signant un traité d'amitié en bonne et due forme où l'Algérie s'engageait à appuyer les revendications du Maroc au Sahara. Pourtant encore, lors du Sommet arabe organisé en octobre 1974, Houari Boumediene – le texte de sa déclaration existe dans les archives de la Ligue arabe – a proclamé solennellement devant les chefs d'Etat le soutien de l'Algérie au Maroc pour récupérer son Sah

    Treize mois plus tard, un accord en bonne et due forme, signé en vertu de l'article 33 de la Charte des Nations unies qui impose aux Etats membres la «négociation directe» pour résoudre tout différend entre eux, est signé entre l'Espagne, le Maroc et la Mauritanie. C'est le fameux accord tripartite de Madrid, paraphé le 14 novembre 1975 qui applique le principe de décolonisation du Sahara, et qui, un mois plus tard à peine, est entériné par l'Assemblée générale de l'ONU, c'est à dire toute la communauté internationale. Il avait la double dimension de conforter un principe cardinal de l'ONU, celui d'un règlement bilatéral ou trilatéral, ensuite de consacrer le rôle, le poids explicite ou implicite de l'organisation mondiale. Que le gouvernement algérien l'ait contesté ou ne le reconnaisse pas, témoigne encore de sa propension irascible à vouloir régenter la planète, à administrer aux autres des leçons de légalité et de justice, à leur imposer, contre tout bon sens, sa conception unilatérale de l'ordre international. Il oublie, ce faisant, que la libération du territoire algérien en 1962, consécutive au départ de la France, a suivi le même processus de négociations directes, bilatérales et, qui plus est, sans même que l'ONU fût pour une raison ou une autre saisie ou intervenue.

    Ensuite que si la même négociation franco-algérienne, commencée à Lugrin, achevée à Evian après trois ou quatre mois, en juillet 1962, avait traîné en longueur et en épreuves, ce fut parce que le général de Gaulle ne voulait pas lâcher le Sahara algérien – où étaient, on l'a dit, incorporés les territoires marocains de Tindouf, Béchar, Ijdil, Gara de Jbilet, etc. Mais aussi parce que les négociateurs algériens revendiquaient avec force – ils avaient plus que raison – leur territoire saharien, avec autant de détermination, de conviction et d'attachement que nous autres Marocains l'avons fait pour notre Sahara. Il ne saurait exister, par conséquent, de différence de processus entre la revendication algérienne et la revendication marocaine au niveau des postulats comme à celui du principe de négociation directe dans un cas et dans l'autre. Encore que l'Algérie, à la différence du Maroc, ne s'est pas trouvée confrontée à un «colonisateur» redoutable qui l'a traînée des décennies durant, ne s'est pas trouvée obligée de fournir des pièces historiques, des preuves écrites, des argumentaires, n'a pas été contrainte de passer par le «chemin de croix» du droit occidental, celui de la CIJ…Et in fine, ne s'est pas heurtée à la duplicité d'un Maroc qui ne s'est jamais départi de son soutien solidaire…

    Les négociations entre le FLN algérien et les délégués français avaient achoppé en mai 1961 à Evian sur le Sahara algérien et menaçaient même de se rompre. Les délégués algériens, à leur tête Krim Belkacem, n'en démordaient pas, faisaient référence à l'histoire, remontaient jusqu'à la dynastie fatimide : «le Sahara dans l'Algérie ou rien !» soutenaient-ils.
    A Jean Daniel,directeur de L'Observateur, ils déclaraient : «Nous ne cesserons le feu que s'il y a accord politique. Il ne peut pas y avoir d'accord politique si le Sahara est séparé de l'Algérie. Donc, s'il n'y a pas d'accord sur le Sahara dans les deux mois, ce sera l'échec.» Bataille d'autant plus rude qu'à la même époque, le gouvernement français avait décidé, dans le cadre du budget de 1962, d'augmenter les crédits d'infrastructures pour le Sahara. Ce qui n'allait pas sans susciter de graves inquiétudes chez les délégués algériens. Une étrange formule était lancée dans la foulée, à laquelle ils s'opposèrent violemment : «le Sahara saharien», mais… «associé à la France», suggérée dans un article du quotidien Le Monde sous la signature de Pierre Viansson-Ponté, le 19 juillet 1961, où il analysait les germes d'une rupture radicale, «prélude, selon lui, à la mise en œuvre du regroupement annoncé par le général de Gaulle, mais bien plus encore à l'internationalisation» (du Sahara).

     Plus qu'une menace, un défi que la nouvelle direction du FLN, radicalisée, était appelée à relever. La décolonisation algérienne a été menée avec la puissance occupante, par la voie bilatérale. Tout comme celle Hong-Kong.

    Les îles Kouriles départagent dans le Pacifique Japon et Russie, mais l'un et l'autre sont parvenus à un accord. Il reste que l'obstination algérienne, l'ardeur mise à lier le sort du Sahara à celui du territoire, invoquant de ce fait une «Algérie indivise», souveraine dans son Sahara, nous sert à nous autres Marocains de leçon rétrospective, un exemple a postriori…Car, au moment de l'accord sur l'indépendance en 1956 aussi bien avec la France qu'avec l'Espagne, ne nous fallait-il pas radicaliser la revendication sur l'intégralité de nos territoires spoliés ? Une série de questions se posent toujours : quand le Maroc a commencé à revendiquer le Sahara, le polisario n'existait pas, l'Algérie en tant qu'Etat non plus d'ailleurs. Jusqu'à 1973, où se trouvait donc le polisario, peut-on nous montrer ne serait-ce qu'une infime filiation historique, une trace muette de son existence avant 1973 ?

    La question se pose encore avec acuité : pourquoi le Maroc est le seul Etat d'Afrique et du monde arabe à subir une décolonisation par étapes, par intermittences dirions-nous, par deux puissances européennes, alors que tous les autres ont recouvré leur indépendance d'un seul tenant ? Pourquoi lui a-t-il fallu négocier avec plusieurs, à tout le moins avec deux interlocuteurs, chacun imposant son propre modus operandi et son style ? Une fois recouvrée l'intégrité territoriale dans les provinces du sud, abstraction de celles du Nord encore sous occupation, pourquoi se heurte-t-il à la mauvaise foi d'une Algérie dont l'obsession affichée est de reprendre ni plus ni moins l'héritage colonial du morcellement du Maroc, à tout le moins la conception de son encerclement à l'est, au sud et à l'ouest ? Comment auraient réagi les dirigeants et le peuple algériens si, d'aventure, le Royaume du Maroc s'était employé en 1956,année de son indépendance, ou 1962 année de l'indépendance d de l'algérie, à se faire le complice de la France dans sa politique saharienne, ou encore à encourager la dissidence au Sahara de l'algérie, entretenant de ce fait un mouvement séparatiste – en l'occurrence les touaregs-hommes bleus -, les finançant, les armant et les imposant sur la scène mondiale au nom de «l'autodétermination des peuples» ? Nous disions «l'obsession d'une Algérie méditerranéenne, saharienne et …atlantique» ! En fait, l'histoire nous l'apprend, toute l'affaire du Sahara Marocain occidental dans sa dimension controversée, n'a été créée, entretenue, falsifiée que pour déplacer un autre problème,le problème essentiel, celui des territoires marocains du sud-est, de Tindouf, des frontières contestées sur lesquelles le Maroc a gardé jusqu'ici, inspiré de la sagesse de ses Rois, une discrétion à toute épreuve.

    Ne dites jamais "Algé-riens" s'il vous plait, veuillez dire dorénevant  "algéchiens ", jusqu'à ce que une vrais démocratie locale soit instaurée en algérie,et le peuple (Algérien cette fois-ci) -je dis bien le peuple-imposera sa souvrainté,par faire entendre sa voix,et rendre son vertict au sujet des différents et problèmes artificiels éxistants entre le Maroc et l'algérie....en chassant par le biai des urnes les comploteurs du pouvoir,et choisir de vrais institutions-législativo-exécutives,ayant la légitmité populaire, en tant qu'interlocuteur unique,élu légalement par transparance, aptes à faire preuve de sagesse, de raisonnement,de reconnaissance,et rendre avec beaucoup de courage les engagements de l'algérie non tenus avec le Maroc, plus concréts que jamais....!!   d'ici-là,ils resteront comme ils sont, humiliés aux yeux des Marocains,malgré qu'il y en a certains blogeurs et lecteurs de blog, qui auront l'esprit faible ou fragile,vont dire le contraire, en tenant à une fraternité-mirage pour un peuple fou,et pour un pouvoir maudit au ilots-barabres, (traduction greque,littérairement correcte), autrement dit,notre voisine l'algérie)

                                                                                   Cordialement Chihab-25 

  • I - Les Algériens sont bel et bien des enragés

     

                                  (( LES ALGERIENS SONT BEL ET BIEN DES CHIENS ENRAGES ))

    كيف لنا ان لانصف جار الــسوء بأقبح النعوت، وهو ألدى يـريد جـزائنا جــــزاء " القيصر  للمهندس سني مار" بعد  أن أتم لـه  بناء القصر، فقتله لان لا يبني مثلـه لغيره

                                                                              -=-=-=-=-=-=-=-=-

    S'agissant toujours du problème de frontière avec l'algérie,j'ai réussi à localiser au hasard, un important article qui confirme une fois de plus, les engagements non tenus de l'algérie dans le domaine de son voisinage avec le Royaume du Maroc.Cet article que je considère comme une valeur ajoutée aux divers articles ayant trait avec ce conflit,contenus par séries dans cet blog,est apparu il y a presque deux mois écoulés sur les colonnes du quotidien marocain "Le Matin du Sahara" signé par le journaliste Hassan Alaoui,et repris aussi par notre confrère al-maghribi-2 dans son valeureux site  ""Le Maroc Multiple et Pluriel "".

    Vu l'importance du contenu,je voudrais bien inviter les internautes marocains qui sont habitués à visiter ce blog,à lire et relire cet article,que je me réjouis de le reproduire moi aussi avec plaisir, pour que nous Marocains,et en particulier -pour ceux qui en doutent,et y croient encore à la fraternité algéchienne-, s'assureront à la unième fois, avec une certitude claire, et sans aucune équivoque, que les alge-riens sont vraiment des "algéchiens" ,comme disaient souvent nos concitoyens marocains, usagers des room de discussion de la -catégorie Sahara-, au -logiciel-programme, Paltalk.

    Je voudrais aussi que cet article atteindra par ce fait, une diffusion large et fructueuse, et un éffet bénéfique général, pour toute initiative tendant à dévoiler,à ciel ouvert, l'intention criminelle chronique, la haine et la frivolité de nos absurdes voisins de l'est,qui sont et seront  toujours pour nous, des chiens anragés, à abattre vigoureusement sans pitié, à anéantir avec beaucoup de rigueur,de précision et d'attention vigilante. (je trouve pas d'autres expressions pour les qualifier autrement, ne faisant pas de distinction entre algéchiens officiels,et algéchiens officieux,car ils sont du même mauvaise race...! )                                                                                           

    Les engagements non tenus de l'Algérie

    Le lendemain, 6 juillet 1961, un accord secret sur les frontières entre les deux pays est signé dans lequel le GPRA reconnaît officiellement que «le problème territorial crée par une délimitation arbitraire imposée par la France devait être ultérieurement être résolu par des négociations directes entre le Maroc et l'Algérie». Le même GPRA affirme, de surcroît, que tous les accords susceptibles d'être finalisés entre Paris et Alger ne pourraient être étendus aux frontières territoriales du Maroc. Le texte disait : «…ne sauraient être opposables au Maroc quant aux délimitations territoriales algéro-marocaines». C'était réellement se méprendre sur la nature de l'engagement des dirigeants algériens, notamment après que Ferhat Abbès ait été «limogé» par ses pairs du FLN, écarté à la fois des négociations en cours à Evian avec la France et de toute activité.
    Non seulement le gouvernement algérien ne respecte pas son engagement de juillet 1961 avec le Maroc, mais piétine un l'accord avec arrogance.

    En mai 1966, Houari Boumediène, nationalise – c'est son droit – les hydrocarbures et les richesses minières dont l'essentiel se trouve au Sahara, englobant dans la même opération les gisements de Gara de Jebilat qui, à tout le moins, faisaient encore l'objet d'un contentieux avec le Maroc. Procédant d'une politique arbitraire et peu respectueuse des engagements, le fait accompli algérien ne laissait aucune alternative au Maroc. Mais, la même Algérie contestera neuf ans plus tard, avec mépris en plus, le retour du Sahara au Maroc…Comme quoi, le ridicule ne tue plus !

     L'indépendance algérienne à peine proclamée, en juillet 1962, que l'armée nationale populaire (ANP) algérienne, soutenue par l'armée française se mobilise déjà tout au long de la frontière artificielle où des territoires marocains sont simplement envahis, comme Zegdou, oued Zelmou et Aïn Chaïr. Incidents d'autant plus prémonitoires que, sentant les choses évoluer vite et craignant à la fois un retournement de la France et l'arrivée des troupes algériennes, des tribus marocaines de Colomb-Béchar,de toute la Saoura, en particulier les tribus de:Doui Menia,oulecd Jrir,Laamour,Ahl Gourara dans le Touat,Laghnanma,Chaamba,Ahl Laknadsa,et Ahl Karzaz ( Colomb-Béchar qui abritait d'importantes unités militaires françaises ) et de Tindouf, les Rguibat Charq, conduites par le caïd Abdallah ould Senhouri, se rendent à Rabat pour faire acte d'allégeance au Roi du Maroc.

    Il convient de rappeler que la France, à cette époque, a proposé avec insistance au Maroc de faire partie de l'OCRS ( Organisation commune des régions sahariennes), elle conditionnait ainsi cette adhésion au règlement en faveur du
    Maroc du contentieux frontalier. Notre pays a refusé et rejeté ainsi un marchandage qui, en cas contraire, aurait permis à coup sûr la réintégration de Tindouf, de Béchar, de Kenadsa, du Touat, de Saoura dans le giron marocain… Sauf à se faire le contempteur de la vérité, la continuité historique est là pour nous rafraîchir la mémoire.Dans une note relative aux frontières orientales du Maroc et adressée, le 4 février 1924, à son gouvernement à Paris, le maréchal Lyautey souligne que la conquête de l'Algérie par la France «introduit en Afrique la notion européenne de répartition de territoires entre les Etats». Après avoir analysé et prouvé que le seul traité à cet effet est celui signé entre la France ( qui parlait au nom de l'Algérie) et le Maroc, le 18 mars 1845 à Lalla Maghnia, fixait la frontière maroco-algérienne de la Méditerranée jusqu'à Teniet-Sassi (soit 150 kms à peine)…

    Or, se demande le Résident général français, «l'extension de la conquête française vers le sud (dans les territoires marocains), pour assurer la sécurité de l'Algérie, devait poser le problème de cette délimitation…». Et la note du Résident général de France, que l'on peut toujours consulter parce qu'elle constitue une pièce officielle française, de préciser sur le ton péremptoire : «il n'est pas douteux qu'à cette époque l'Empire chérifien étendait nettement son influence au Sud de l'Algérie et il coupait celle-ci du Sahara proprement dit : les Oasis sahariennes du Touat, du Gourara et du Tidikelt relevaient depuis plusieurs siècles du Sultan du Maroc».

    Peut-on être plus éloquent que le maréchal Lyautey ? C'est lui encore qui, en guise de conclusion, dira que «l'histoire des dynasties marocaines suffit à démontrer que, de tout temps, les Sultans marocains ont exercé sur cette partie du continent une action spirituelle et, parfois, effective incontestée». Pour ne citer que l'occupation du Touat, le gouvernement britannique a demandé en 1887 au sultan Moulay Hassan 1er de résister de toutes ses forces et de «refuser toute concession à la France».

    Cependant, il est nécessaire de rappeler que les Souverains marocains ne se sont jamais laissés emporter par un quelconque irrédentisme ou par l'expansionnisme. A leurs yeux, ce qui revient au Maroc sera défendu avec acharnement. Et ce qui ne relève pas de leur souveraineté, on peut le vérifier, ne donne lieu à aucune tentation, encore moins à une convoitise. Le cas de Tlemcen qui est à Fès ce que Tindouf est à Guelmim, illustre une telle disposition depuis qu'à la fin du XVIIème siècle le Maroc a cessé de la revendiquer, alors qu'un siècle plus tôt, elle faisait encore partie intégrante du Maroc.

    Le 2 octobre 1962, quelques mois seulement après la proclamation de l'indépendance et une série de provocations de frontières, un détachement militaire algérien exige du caïd de Tindouf de retirer le drapeau marocain qui flottait sur le bâtiment officiel, de déposer les armes et de se rendre. Ce qu'il refuse de faire. Il est alors arrêté et fait prisonnier par l'armée algérienne qui, après de violents affrontements qui se sont soldés par la mort de 120 Marocains, quadrille la ville. Ainsi, Tindouf, l'ancienne cité florissante rebâtie sur ordre d'un Roi marocain, après avoir été occupée une fois en 1934 par l'armée française, se trouve vingt-huit ans après de nouveau réoccupée par l'armée algérienne avec laquelle, pourtant, ses habitants fraternisaient jusque-là au nom de l'unité maghrébine…Nul mieux que feu S.M. Hassan II n'a restitué l'atmosphère qui régnait alors : «Le règlement fraternel prévu (avec l'Algérie) n'a pas lieu.

    Les Marocains qui ne veulent pas participer au référendum préparé par le GPRA sont au contraire attaqués, molestés par l'Armée de Libération algérienne. A Tindouf où le caïd et toute sa tribu ont rappelé qu'ils sont marocains, on dépêche 600 gendarmes algériens. Malgré tous les efforts de nos envoyés officiels à Alger, notre ministre de l'Information Moulay Ahmed Alaoui et M'Hammed Boucetta, une opération militaire algérienne sur Tindouf fait 120 morts parmi nos compatriotes…»

    En octobre 1963, Hassi Beïda et Hassi Tinjoub sont violemment attaquées et «anéanties» par l'armée algérienne. C'est la «guerre des sables», lancée par Ben Bella qui, un an auparavant demandait pourtant un «délai» à feu S.M. Hassan II pour mettre en place «les nouvelles institutions» avant «d'ouvrir le dossier des frontières», ajoutant avec solennité «qu'il va sans dire que l'Algérie indépendante ne saurait être l'héritière de la France en ce qui concerne les frontières algériennes» ! Proclamation vertueuse, mais mensongère que feu S.M. Hassan II eut «le tort de croire» et de prendre en compte.

    Que oui, en effet, l'Algérie sera bel et bien l'héritière de la politique coloniale de la France au sujet des frontières ! Que oui, donc, elle perpétuera une tradition coloniale, poussant avec obsession son expansionnisme jusqu'à lorgner sur l'ouest, là où se trouve le Sahara marocain occupé par l'Espagne. Dans les longues négociations engagées avec le gouvernement français entre avril et juin 1961, à Lugrin (Haute Savoie) et Evian, les délégués algériens ( Krim Belkacem, Ahmed Boumenjel, Mohamed Ben Yahia, Sâad Dahlab, Ahmed Francis, Teieb Boulahrouf, Réda Malek, Menjli, Kaïd Ahmed, dit Slimane), tous membres du FLN s'en tenaient mordicus à une seule orientation : l'indépendance (souveraineté extérieure et intérieure) et l'intégrité du territoire, comprenant le Sahara et Mers el-Kébir.

    Quand les armées algériennes ont attaqué en octobre 1963 les villes de Figuig, Hassi Beida, Ich et autres, au beau milieu d'une tension alimentée par la presse occidentale contre un «Maroc impérialiste» ( !), une voix s'est élevée dans la cacophonie. Celle de Jean Lacouture, envoyé spécial du quotidien «Le Monde» pour couvrir cette «guerre des sables», qui écrit le 20 octobre 1963 : «Ce qui frappe tous ceux qui vivent ces heures menaçantes au milieu du peuple marocain, c'est l'absence ici d'hystérie nationaliste, naturelle ou organisée. Nulle animosité anti-algérienne. Ni la presse, ni la radio ne suscitent la haine. Les journaux publient presque à égalité les télégrammes d'agence…»

     Faut-il partager l'Algérie ?

    Où qu'ils se trouvent, ils n'en démordent pas : le Sahara est partie intégrante de l'Algérie, il constituera même la pomme de discorde des négociations et conduira le général de Gaulle, de guerre lasse, à lâcher en fin de compte la partie alors qu'il l'avait délibérément écarté le Sahara du processus de règlement, notamment dans le discours prononcé le 16 septembre 1959. N'affirmait-il pas que
    « la France doit garder la disposition des gisements de pétrole que nous avons mis en œuvre et celle des bases d'expérimentation de nos bombes et de nos fusées» ? Et d'enchaîner, le verbe haut : «Nous sommes en mesure, quoi qu'il arrive, de rester au Sahara, quitte à instituer l'autonomie de ce vide immense…».

    A cette menace, à ce coup de menton gaullien, répond en écho alors une campagne enflammée de soutien, notamment de la droite française, chacun y allant de son couplet et de son fantasme. Une Tribune Libre, intitulée : «Faut-il partager l'Algérie ?» circulait comme un pavé dans la mare. Elle était signée par une plume connue, Alain Peyrefitte, plusieurs fois ministre du général de Gaulle, qui plaidait pour la création de deux «républiques amies» et fédérées, l'une au Sahara et l'autre sur ce qui resterait du territoire algérien. Or, le Maroc s'est vigoureusement élevé par solidarité contre cette tendance à garder le Sahara algérien sous la tutelle française et à l'isoler du reste du pays.

     Le discours de M'Hamid al-Ghizlane

    Pour sa part, il ne recevra jamais le soutien réciproque attendu de l'Algérie, lorsque se posera le problème de la décolonisation de son Sahara sous administration espagnole. Tout au contraire, il sera confronté à une double hostilité, celle de l'Espagne franquiste et celle de l'Algérie, qu'une étrange et opportuniste coalition a réunies tout au début de l'affaire.

    Bien avant l'indépendance en 1956, la démonstration n'a cessé de se faire de l'attachement depuis des siècles des provinces du sud-est et du Sahara au Royaume du Maroc. Les documents historiques, authentiques et irréfutables, peuvent être consultés par une Commission de l'ONU, en collaboration avec des pays comme la France, l'Espagne, l'Angleterre, l'Italie et autres.
    La colonisation du Sahara par l'Espagne a commencé lorsque France et Espagne signent le 26 décembre 1886 un accord de partage du territoire, renouvelé d'ailleurs quatre ans plus tard, le 17 juin 1900.

    Feu S.M. Mohammed V, à son retour au Marocen 1955, s'il a ajourné – nous disons bien ajourné – le débat avec les combattants et «frères algériens» sur les frontières du sud-est, en attendant la libération de l'Algérie, a en revanche bel et bien posé le problème du Sahara occidental marocain occupé par l'Espagne dès la libération du Maroc en 1956. Une première fois, en juin 1956, il a saisi l'ONU pour qu'elle inscrive dans son ordre du jour la question du Sahara, de Sidi Ifni et de la Mauritanie, occupés par la France. Le document de saisine existe toujours dans les archives de l'ONU, il est intitulé A/C. 4/SR-1046 et, pour peu que l'on prête à ces dernières un crédit, on ne peut que mieux s'assurer de la rectitude de l'ONU.

    Mieux : le 7 avril de cette même année, l'Espagne signe une déclaration solennelle de reconnaissance de l'indépendance du Maroc, en vertu de laquelle Madrid cède seulement la zone nord occupée, mais reconnaît aussi les droits du Maroc sur les territoires encore sous sa domination, dont le Sahara. Un détail significatif, confortant la revendication du Maroc, est le fait que l'autorité du khalifa, représentant le Sultan auprès des autorités espagnoles et exerçant à Tétouan, concernait aussi bien la zone nord que le Sahara, celui-ci relevant au niveau espagnol du pouvoir d'un haut commissaire nommé par Madrid et installé à Tétouan. Faut-il rappeler que le dernier Khalifa, représentant du Sultan au Nord auprès des autorités espagnoles, n'est autre que feu S.A. Moulay Hassan Ben El Mehdi ?

     Ecouvillon», une coalition franco-espagnole

    Or, en 1956, feu S.M. Mohammed V a revendiqué explicitement la rétrocession des provinces sahariennes, soit par le moyen d'une négociation directe avec Madrid, soit par le biais des Nations unies. Il s'est inscrit d'emblée dans l'esprit de la charte de l'ONU qui, en son article 33, recommande aux États membres «le recours à la négociation» directe dans le cadre de la décolonisation. A quoi le général Franco a opposé une fin de non recevoir catégorique. Dans l'esprit de Mohammed V, aucune unité nationale du peuple marocain n'eut pu être conçue et encore moins réalisée sans le retour à la mère patrie de nos provinces encore sous occupation espagnole.

    Quand, le 25 février 1958, il rend visite aux populations de M'Hamid al-Ghizlane, il pose de nouveau, sans emphase, la question du Sahara en des termes qui dissipent toute ambiguïté: «...Notre grand père Moulay El-Hassan, déclare-t-il, a effectué deux voyages dans le Sahara pour consolider l'unité du Maroc et sa souveraineté sur l'ensemble des parties de son territoire national au moment où il était l'objet de convoitises étrangères...".Et le Souverain d'enchaîner alors : «Notre joie est immense d'être accueilli à M'Hamid, porte du Sahara, par les fils de ceux qui avaient reçu notre ancêtre Moulay El-Hassan : Reguibat, Chenguit, Tekna, Ouled Delim et autres tribus sahariennes…Nous proclamons solennellement que nous poursuivrons notre action pour le retour de notre Sahara, dans le cadre du respect de nos droits historiques et conformément à la volonté de ses habitants…».

    Au même moment, en effet, la France décide de mettre sur pied le dispositif militaire pour lutter contre l'Armée de Libération Marocaine (ALM) (Jiche at-tahrir). Les résistants marocains, issus notamment des Aït- Bâamrane, après avoir réussi à libérer la ville de Smara en 1956 et une partie importante du Sahara, prennent pied à partir du littoral atlantique jusqu'aux oasis du Touat, menaçant de défaire d'un seul tenant et les garnisons espagnoles et les troupes françaises implantées sur les confins, au nord de la Mauritanie. La reconquête du Sahara par l'ALM, la menace persistante qu'elle fait peser sur les confins sahariens de l'est, suscitent non seulement la panique, mais une prise de conscience au sein de l'état-major français.

    C'est «l'opération Ecouvillon» de février, mars et avril 1958 où les troupes françaises viennent à la rescousse des forces espagnoles, mises sérieusement à mal, procèdent non sans peine à la reconquête du territoire. Voici ce que notre regretté ami, Attilio Gaudio, connaisseur s'il en fut du dossier du Sahara écrit à ce propos, dans son livre-reportage «Guerres et paix au Maroc» : «La seule cause réelle, bien qu'indirecte de la perte du Sahara occidental pour le Maroc en 1958 a été la guerre d'Algérie.

    Jamais la France n'aurait engagé son armée de l'Afrique Occidentale Française (AOF) aux côtés de l'armée espagnole en détresse pour permettre à Franco de récupérer le Rio de Oro (Oued Eddahab) et la Saguiat al-Hamra si la présence victorieuse de l'Armée de libération marocaine ne présentait pas une menace pour Tindouf et une épine plantée dans le dispositif français au sud de la Soaura et dans le nord de la Mauritanie ( …) Sans l'intervention militaire française, le Sahara était perdu pour l'Espagne et le drapeau marocain aurait flotté définitivement, sans aucune sorte de contestation internationale ou régionale, de Ifni à la Gouera…».

    Quelque 10.000 soldats français et espagnols, équipés d'armes modernes, appuyés par l'aviation, quittaient Bir-Moghrein (ancien Fort Trinquet) pour reprendre ce que Jiche at-Tahrir avait libéré. Après l'opération sanglante menée conjointement par les forces armées de Madrid et de Paris, après qu'un feu roulant et une féroce répression se fussent abattues sur les populations du Sahara, ces dernières se sont trouvées contraintes, dans un exode massif sans précédent en provenance d'Ifni, de Tindouf, de Smara voire de Dakhla de se réfugier dans le Nord, à Agadir et à Goulimine notamment. Par sa cruauté, cette opération rappelle à coup sûr l'entrée en 1913, à la tête d'une colonne armée, du capitaine Mouret dans la ville sainte de Smara qu'il prit soin d'incendier et de vider littéralement de ses habitants.

    Curieusement, deux mois après le discours de feu Mohammed V à M'Hamid et l'opération Ecouvillon, l'Espagne cède le 16 avril 1958 au Marocla province de Tarfaya (ancienne Cap Juby, étape ultime de l'Aéropostale où Antoine Saint-Exupéry passa 18 mois en 1927, y écrivit son premier livre : «Courrier sud» ). Mais également enclave océanique qui avait attiré un certain Anglais, génial explorateur du nom de Donald McKenzie, lequel y installa de 1877 et 1885 une factory anglaise, la casa-mar pour mettre au point un système de turbines d'eau, avant que le sultan Moulay El-Hassan ne reprenne Tarfaya. En fait, Mackenzie explorait la région pour préparer l'arrivée des Anglais…..

    Le parachèvement de l'intégrité territoriale a constitué une priorité dans l'édification du Maroc post-indépendant. Participant au Sommet des pays non-alignés, réuni en septembre 1961 à Belgrade, feu S.M. Hassan II a posé le problème de la décolonisation du Sahara et, suscitant un élan de solidarité, a reçu un soutien unanime de l'ensemble du mouvement non-aligné.

    De même, rencontrant le général Franco en 1963 à Barajas, aérodrome de Madrid, feu S.M. Hassan II réitérera avec netteté la revendication du Maroc au sujet du Sahara. Ce sommet maroco-espagnol – entre un Souverain marocain âgé de 34 ans et le généralissime qui célébrait ses…71 ans – avait été à l'origine de ce qu'on a appelé par la suite «l'esprit de Barajas», dissociant entre deux revendications : celle de Sidi Ifni et du Sahara d'une part et celle, redoutée à terme par l'Espagne, des enclaves de Ceuta, Mellilia, les îles Jâafarines, le Penon d'Al Hoceima, le Penon de Vélez de le Gomera, l'Isla de perejil (Leila). De surcroît, il était convenu, dans le même «esprit de Barajas», que les deux parties trouveraient des «solutions bilatérales négociées aux contentieux territoriaux entre les deux Etats».

    Entre 1958 et 1969, onze ans ont passé avant que l'Espagne ne restitue de nouveau au Maroc, après de longues négociations, la province de Sidi Ifni, comprise quant à elle dans l'ancien protectorat français et que l'armée espagnole n'a réellement occupée qu'en 1934. Sidi Ifni, ville sainte pour ainsi dire, participe du mythe religieux qui a nourri pendant des siècles l'imaginaire collectif espagnol.

    Un gouverneur des îles Canaries, Diego de Herrera avait construit une petite forteresse sur la côte, baptisée au début du XVIème siècle du nom de Santa Cruz de Mar Pequena (Sainte croix de la petite mer). Outre son rôle de relais destiné à assurer le contrôle et la sécurité des Canaries, elle a abrité les sinistres «entradas», milices militaires connues pour piller, terroriser tout le nord ouest du Sahara au non de la «christianisation».
    Elle a été libérée ensuite par les Sâadiens en 1524, avant d'être cédée de nouveau en 1860 aux Espagnols.