Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Maroc-Algérie : Les 3 grands 'B' qui se sont succédé à la présidence de l'Algérie..! (pas sûrement les petits 'b' de Gaid Salah)

                                                 

                                                                                         

                                                             IMG_87461-1300x866

Au début, parlons pieux..Lorsque le Seigneur confia aux Anges : ‹ Je vais établir sur la terre un vicaire (khalifa). Ils dirent : ‹ Vas-Tu y désigner un qui y mettra le désordre et répandra le sang, quand nous sommes là à Te sanctifier et à Te glorifier ? › – Il dit : ‹ En vérité, Je sais ce que vous ne savez pas.(29قرأن كريم،سورة البقرة،الاية ).

Effectivement le désordre et le sang sont les créatures de guerre et de pouvoir et y sont les causes des méfaits de l'existence de l'homme sur terre. La guerre fonde la tragédie humaine. Se poser la question de son origine, c’est se poser la question du pouvoir qui la fonde.

Cette question est celle qui détermine dans son essence la nature de la mission de ce vicaire sur la terre, dévoilé par le Bon Dieu, Créateur des Anges dans le verset coranique cité plus-haut. Mais se poser la question de l’origine de la guerre c’est aussi partir d’une constatation simple : on n’a jamais de pouvoir que celui qu’on vous reconnaît, de gré ou de force. Quand bien même celui-là fût-il autoritaire dans les dictatures dont celle des généraux de l'Algérie, et avant eux  les tyrans, Kadhafi, Pinochet du Chili et Idi Amin Dada de l'Ouganda pour ne citer qu'eux.

Le pouvoir ne peut s’exercer en général que pour autant que celui qui le subit l’ait au préalable reconnu comme inévitable, nécessaire et dans l’ordre des choses.Le pouvoir, c’est celui, concret, que tout individu détient et qu’il viendrait à céder, totalement ou partiellement, pour forger pour soi, une souveraineté politique. La constitution du pouvoir politique se fait donc sur le modèle d’une opération juridique qui serait de l’ordre de l’échange contractuel.

C'est dans cette approche matérialiste que j'essayerais bien parler de trois présidents qu'a connu l'Algérie depuis sa naissance en 1962, et bien avant de quelques années, (Ahmed Ben Bella, Chadli Benjdid et Abdelaziz Bouteflika) excluant bien sûr le maudit Boumediane qui je ne reconnaîtrais la légitimité, pas moi seulement, mais aussi la majorité des Algériens qui l'accusent de l'assassinat de plusieurs personnalités Algériennes. Il est assassin de nature, plus que malin, ayant trouvé l'occasion adéquate pour s'accaparer facilement, pas seulement du pouvoir, mais de tout un peuple de dingues?

Le chien meurt et n'oublie pas ses aboyés, disait-il le dicton. La veuve du maudit Boumediane charge sévèrement, dans un entretien accordé à une chaîne-tv Africaine émettant de Paris, les opposants et détracteurs! de son chien-mari, révélant que «le pouvoir qui lui avait succédé avait pris le soin de défaire les rails pour que le peuple Algérien de l’intérieur, comme de l'extérieur ne puisse aller à ses funérailles».

                                                                                        -:-

Sauve qui peur..Avant de traiter le sujet, les Algériens doivent savoir ce qui n'était pas connu par leur presse jaune au sujet du président Chadli Benjedid. Dans les salons et couloirs privés d'Oran, comme dans d'autres villes d'Algérie, les gens parlaient souvent politique, en soufflant entre eux et sous table, quand il s'agissait du militaire, soit pour critiquer ou apprécier les particularités de leurs dirigeants militaires au niveau de la région. Pour se faire, ils ont, les uns et les autres, des petits relais dans chaque caserne et groupent qui leur apportaient les moindres détails. S'agissant dans ce contexte de Chadli Benjdid en tant que colonel commandant la région militaire d'Oran, ils rapportaient presque un secret d'Etat méconnu du grand public Algérien, à savoir :

«« Chadli constituait l'ennemi indiscret et la source de peur à Boumediane. Pour ce fait, en se méfiant de tout acte imprévu de la part de Chadli pouvant porter préjudice à sa présidence de l'Algérie, Boumediane, en tant que son  chef direct, limitait les dotations d'essence de grands engins aux chefs de régions militaires y compris Chadli et ce pour ne permettant aux chars de circuler qu'une heure à peine, évitant ainsi à Chadli, de venir le cas échéant, comploter contre lui à Alger.

Sachant que pour arriver à bord de char à Alger, les experts prévoyaient la durée pour atteindre Alger en chars à partir d'Oran (415 kms) serait au minimum 6h à 8h. Une peur dénotant d'un flagrant aveu d'impuissance devant cet homme fort de convictions et de sérieux»».

Assassinats en série..C'est qu'à la mort du maudit Boumediène, que s'est avéré que Chadli Benjedid n'a jamais revendiqué la succession. En qualité de coordinateur de l'armée, c'est lui qui ait proposé à des candidats médiatisés à l'époque de prendre la relève- Ils ont refusé. Oui, ils ont refusé, persistait-il, parce que la situation était complexe, l'endettement énorme, les caisses vides, les étals déserts et la pénurie régnante Chadli n'avait pas vocation à devenir Président, mais il n'avait plus le choix. 

Ce serait d'ailleurs cette immense fidélité à son métier d'homme militaire de carrière qui l'aurait contraint à accepter, en 1979, de prendre les rênes d'un pays qui vivait une époque particulièrement difficile.

En contre partie, pour se couvrir contre vents et tempêtes et se tenir en bonne position face à l'imprévu, Boumediane ne se laisser faire.  Pour bitumer sa voie vers une présidence éternelle de main de fer, le maudit actionnait sa machine de haine contre les siens, employant tous les moyens les plus douteux dont il se disposait pour éliminer les personnes qui, selon sa conviction de lâche, pourraient menacer, par leurs connaissances intellectuelles et politiques son séjours au palais d'Al Moradia d'Alger et son existence à l'éternité à la tète d'une Algérie,devenue,accidentellement,veuve dès ses premiers jours de noce. Je ne citerais particulièrement là-dessus que trois personnes de taille de la scène politique Algérienne :

1-Mohamed Khemesti, homme politique Algérien de 32 ans originaire de Maghnia, lieux présumé d'origine des Ait Bouteflika. C'était le plus jeune ministre des affaires étrangères au monde, si ce n’était le seul du genre du premier gouvernement Algérien. Il portait un bon bagage d'intellectuel pour être potentiellement un grand homme d'Etat ambitieux...assassiné dès ses premiers jours de diplomatie, le 5 mai 1963 par les engagés de Boumediane pour déminer le chemin à son gamin-thuriféraire Abdelaziz Bouteflika qui n'avait pas le même bagage, outre que le proxénétisme et la culture de trottoir qu'il emportait de la rue Medmona où habitait sa famille ou de la place Bab Sidi Abdelouahab d'Oujda.

2-Mohamed Kheider, l'un de ce qu'on appelait, les "cinq leaders Algériens", assassiné en Espagne le 3 janvier 1967. C'est lui qui avait giflé Boukharouba au Caire, au moment où il n'était rien qu'un Algérien errant, qui vagabondait dans les rues du Caire, ne possédant aucune responsabilité révolutionnaire, et ce pour le motif d'avoir occuper illégalement, par voie de force, une villa d’autrui au nom de la révolution Algérienne qui marquait le symbole du nationalisme que voulait la "Bakbachia" de Abdenacer instaurer, ou plutôt imposer au monde arabe.

3-Krim Belkacem, membre influent du GPRA, homme de taille, qui participait aux négociations pour l'indépendance de l'Algérie. Un poids lourd Kabyle d'origine qui, par sa présence, telle quelle, peut faire basculer toutes les donnes en Algérie indépendante, un (Ben Barka Algérien). Mort assassiné le 18 octobre 1970, rien que pour avoir été l'aumônier politique et le sage de FLN, lequel transformé en paix, en parti politique censé guider l'Algérie à l'avenir vers une démocratisation qui menacerait la junte militaire de Boumediane.

D'abord le GPRA..(Une histoire occultée). Au Garden-City, le vendredi 19 septembre 1958. Forte agitation à l’intérieur d'un immeuble de cinq étages de la rue Ettahrir, dans ce quartier huppé du Caire. Des membres du Comité de coordination et d’exécution et du Conseil national de la Révolution algérienne, des militants du FLN et de l'armée de libération, des émissaires du président égyptien Jamal Abdenacer, des représentants de pays arabes, dont le Maroc représenté par feu Allal Fassi,  et aussi des journalistes de tout bord, conviés à une conférence pour l’annonce d’un événement très important.

Le geste étant gigantesque. Un certain M’hamed Yazid, présenté comme Algérien de la révolution, penché sur sa feuille tenue négligemment, annonce la création du Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (GPRA). Désormais désigné ministre de l’information et accessoirement porte-parole, celui qui a fait ses armes intellectuelles et politiques aux États-Unis, présente ses collègues qui sont dans la salle de conférences.

Se tenant à sa gauche, feu Mr.Ferhat Abbas, le regard résolu, annonce les objectifs de son gouvernement entré en fonction le jour même, au 1416e jour de la Révolution Algérienne si on revient au 1er novembre 1954. Le GPRA créé en exil est un projet qui est débattu depuis au moins l’année 1957  selon le rapport de Hocine Aït Ahmed  présenté au Comité de Coordination et d'exécution p,  et aux différentes commissions créées à cette fin.

Au final, la création de ce gouvernement de l’Algérie "combattante" est intervenue en exécution des décisions prises par le Conseil National de la Révolution Algérienne (Une sorte de parlement)  réunie au Caire en août 1958, au cours de laquelle le CCE fut chargé de parachever la mise en place des institutions de la Révolution en exil. Le contexte d’alors s’y prêtait : l’ouverture à New York de la 13e session de l’Assemblée générale des Nations Unies et l’annonce de la tenue du référendum d’autodétermination proposé par le général de Gaulle, de retour aux affaires de la France.

Pour Benjamin Stora, l’historien et professeur Français, un Constantinois de l'Algérie Française et spécialiste de la chose Algérienne voit de son coté que : Le premier GPRA (19 septembre 1958-18 janvier 1960) est un «savant dosage» entre les quatre formations phagocytées par diverses tendances internes et les pseudo-oulémas : «Pour la Présidence, l’unanimité est longue à se faire. Ferhat Abbas explique qu’il a, pour sa part, proposé Krim Belkacem ou Lamine Debaghine».

A l'issue d'un moment de tractations houleuses,Ferhat Abbas est finalement désigné président de GPRA, mais, semble-t-il, du bout des doigts et des lèvres. Lui-même, évoque l’épisode dans son livre L’Indépendance confisquée : «Je n’étais pas dupe des calculs des uns et des autres, et n’étais en tous cas pas à leur service, ni à celui de quiconque, mais bien au service exclusif de mon pays».

Le GPRA, présidé par feu Mr.Ferhat Abbas, se composait alors de dix ministres — et les quatre «personnalités historiques» emprisonnés en France (Hocine Aït Ahmed, Ahmed Ben Bella, Mohamed Boudiaf, Mohamed Kheider; Rabah Bitat), désignés tous «ministres d’Etat».Le piratage en "Air" de ses derniers par la France avait créé à l'époque une grande polémique et a fait couler beaucoup d'ancre entre le Maroc et la France. (une histoire à revoir certainement par la rédaction du blog)

                                           Ahmed Ben Bella

Le tirailleur Marocain infiltré au FLN..Le général De Gaulle «avait programmé en juin 1958 la mise au pouvoir de Ben Bella dans quatre ans, avec l'espoir de conserver 70% du pétrole et d'avoir la main mise sur la richesse du pays a révélé, dans une émission de radio, Jean Méo qui fut un chargé de mission au cabinet de De Gaulle.(1958-1960).C'était donc une nouvelle pièce du puzzle historique algérien délivrée au compte-goutte, découverte par hasard par les Algériens.

Le casse-tête de l’écriture de l'histoire Algérienne cause des migraines à plusieurs générations d’algériens devenus schizophrènes et paranoïaques à force de se triturer les méninges sur les causes de la déliquescence chronique de l'Etat Algérien construit par des putschs, impostures, trahisons, forfaitures, mensonges et corruption.

Les militants sincères de la génération  "Novembriste54" savent beaucoup de choses mais ne disent rien. Tandis que la génération post-indépendance perd son temps à essayer de découvrir et de comprendre les vérités de la révolution de l'Algérie dévoyée et de leur identité bafouée,voire jamais acquise, selon les bribes d’information récoltées ici ou là.

On n’avait pas prêté grande attention aux propos accusateurs de la veuve de Abane Ramdane, un vrais martyre Algérien abattu par les Français, qui avait déclaré à la presse que Ben Bella a été fabriqué par les Français: «Naturellement, ce sont les Français qui lui ont fait cette propagande pour lui donner un nom».

C’est à partir de là que les Français ont préparé un président pour l’Algérie. La France voulait donner un chef à la Révolution algérienne, le plus bête des chefs. C’est la dernière farce que la France a faite aux Algériens.» (Liberté-dz du 8-11-2002).Le personnage du Marocain Ben Bella est un élément clé du bâclage de l’indépendance algérienne trahie par les manigances du général De Gaulle et les complots des services secrets Français.

Ben Bella Mohamed (son vrai nom) dit Ahmed, dit H'mimed, serait né le 25 juin 1916 à Marrakech, ou selon d’autres sources, 25 décembre 1918 à Maghnia à la frontière Algéro-Marocaine. Fils de paysans Marocains originaires de Sidi Rahal Boudali prés de Marrakech, M'barek Ben Mahjoub et Fatna Bent lhaj, propriétaires d’un terrain agricole et d’un café fondouk populaire.

Appelé sous les drapeaux français en 1937, il effectue son service militaire à Marseille où il devint sergent.  Selon sa biographie officielle, il effectua la campagne de France en 39-40 durant laquelle il aurait obtenu une croix de guerre pour avoir abattu un "Stuka" allemand dans le port de Marseille, ce qui reste à vérifier. Démobilisé, il est rappelé en 1943 et incorporé, non pas dans un régiment de tirailleurs algériens, mais au 5° Régiment de Tirailleurs Marocains, puis au sein de la 2° Division d'Infanterie Marocaine au grade de sergent-chef, puis d’adjudant.

Il côtoya dans la campagne d’Italie d’autres Marocains qui vont devenir célèbres généraux comme Mohamed Oufkir et Driss Ben Omar Alami, des tirailleurs tunisiens et Sénégalais... et des tirailleurs algériens, dont les adjudants Mohamed Boudiaf et Mostefa Ben Boulaïd, le caporal Krim Belkacem, les sergents Larbi Ben M’hidi et Rabah Bitat.

Le sous-officier Ben Bella, avait les qualités des soldats Marocains qui sont montrés dans diverses occasions des vrais «guerriers rustiques, solides, courageux et faisant preuve d’un attachement infaillible à leurs chefs… capables d’endurer de très longues marches, en sachant parfaitement bien s’adapter aux exigences du combat, particulièrement dans la montagne. Ayant un sens inné de la manœuvre et du terrain, ils possèdent une acuité visuelle étonnante, leur permettant de distinguer le moindre déplacement adverse. Leur adresse au tir est également exceptionnelle. Autant de qualités qui vont s’exprimer, de façon encore plus éclatante qu’auparavant, dans la campagne d’Italie.».

                                            Chadli Benjedid

Sans Chadli, Bouteflika serait en prison.. C'est qu'à la mort du maudit Boumediène, que s'est avéré que Chadli Benjedid n'a jamais revendiqué la succession. En qualité de coordinateur de l'armée, c'est lui qui ait proposé à des candidats médiatisés à l'époque de prendre la relève-

Ils ont refusé. Oui, ils ont refusé, persistait-il, parce que la situation était complexe, l'endettement énorme, les caisses vides, les étals déserts et la pénurie régnante Chadli n'avait pas vocation à devenir Président, mais il n'avait plus le choix. 

Ce serait d'ailleurs cette immense fidélité à Boumediène qui l'aurait contraint à accepter, en 1979, de prendre les rênes d'un pays qui vivait une époque particulièrement difficile.

S'était mis en colère, laissant entendre cette phrase désappointée : «Quand tu entends ce que dit de moi Bouteflika…[Me qualifiant à Monaco notamment de «quelqu'un qui n'est pas aviateur, mais qui a pris les commandes d’un Boeing 737", c'est sans doute d'avoir accepté des responsabilités pour lesquelles il n'était pas du tout préparé et pour lesquelles il n'avait aucune disposition, voire aucune capacité de diriger un Etat comme l'Algérie…regrettant que j'ai curieusement mis du temps pour détruire tout en ce que Boumediène avait construit»].

Il  paraissait particulièrement chagriné par cette moquerie fracassante dite en public par Bouteflika, à propos de la rencontre de Chadli avec le président français François Mitterrand : "J’étais surpris un jour d’apprendre par la télévision que le chef de l'Etat algérien de l’époque et le chef d'Etat français de l’époque, que "Dieu ait son âme!", avaient eu un entretien en tête-à-tête de dix heures, et de suivre...

Je connais les deux, je sais que le chef de l'Etat français pouvait parler pendant dix heures. Je ne suis toujours pas sûr que le Président Chadli, le chef de l'Etat algérien pouvait, lui, parler pendant une demi-heure, pour dire des choses très essentielles."

Cette déclaration de Bouteflika lui avait fait très mal. Puis, prenant un air condescendant : "Que sait-il de la considération que me portait Mitterrand ? Que sait-il du rayonnement diplomatique de l’Algérie sous ma gouvernance ?"Je n’ai pris la place de personne. L’Algérie n’est pas un royaume privé. Les gens oublient qu’avant sa mort, le président Houari Boumediene m’avait désigné responsable des corps de sécurité. Je n’aspirais pas, personnellement, au poste de président. Je dirai tout ça en détails un jour dans mes mémoires."

J’ai fait la seule visite d’Etat aux Etats-Unis d’un président algérien. Bush père m’avait fait l’amitié, un jour de fête, de m’inviter dans sa propre maison où je côtoyais sa famille et ses petits enfants qui ouvraient mes cadeaux au pied de la cheminée…

Je souhaite, pour l’Algérie, qu’il connaisse la moitié de l’influence diplomatique qui était la mienne. J’ai reçu à Alger les plus grandes personnalités du siècle, comme la reine d’Angleterre ou le roi d’Espagne…" Il avait une moue désolée ajoutant :

〈〈 Oui j'ai visité le Royaume du Maroc en ma propre conviction d'homme d'Etat. Je me suis rapproché du Roi Hassan II pour apaiser le ton entre le Maroc et l'Algérie, je me suis bien amusé... j'ai même profité de bonnes parties de chasse aux sanglier et dégusté le "mechoui"aux cèdres au moyen Atlas Marocain. Et j'était bien convaincu que cela ne plaira personne, pas moins à mes pairs militaires aux commandes à Ben Aâknoune. Ce qui m'a fallu supporter, malheureusement les frais et la contrainte de démissionner..! 〉〉.

Chadli rappelait, sans le dire vraiment, que Bouteflika n’avait pas été écarté du FLN pour ses idées, mais pour "gestion occulte de devises au niveau du ministère des Affaires étrangères", selon la formule d’inculpation de la Cour des comptes. Il payait ainsi pour avoir placé sur des comptes particuliers en Suisse, entre 1965-1978, et à l’insu du Trésor algérien, les reliquats budgétaires de certaines ambassades algériennes à l’étranger évalués autour de 6 milliards de centimes, dérobant,en parallèle, un dossier capital «aux contenus graves!» du parti et d'Etat en sa possession qui justifie sa traduction devant la justice Algérienne.

Il s'offusque : "De quelle traversée du désert" parle-t-il ? Il est revenu au comité central en 1989. J'avais donné mon accord pour cela. Cheikh Zayed m’avait dit qu’il valait mieux que Bouteflika soit pris en charge par les Emirats que par Saddam ou Kadhafi ou, pire encore par la France. Avec une lueur maligne dans les yeux, Chadli avait ajouté : "Le cheikh m’avait dit, en riant : Votre ministre abuse un peu des boutiques de l’Intercontinental, ses achats étaient, en effet, réglés par le palais Emarati...Le regard absorbé par les souvenirs, Chadli Bendjedid continue de parler...

Je me souviens de la première fois qu’il a siégé en Conseil des ministres, il s’est mis au garde-à-vous devant moi me disant : “Vous êtes le commandant et je suis votre caporal. J’attends vos ordres.” Tout le monde m’appelait par mon prénom, il était le seul à m’appeler “Fakhamat Erraïs”… Je savais qu'il faisait tout cela pour rester à l'intérieur du pouvoir, et pour s’éviter le jugement à propos des fonds des Affaires étrangères. Je n'étais pas dupe. Il me parvenait de toutes parts le compte rendu des médisances qu'il proférait contre moi, dont certaines devant des étrangers…

Se rappelant de la première mission de Bouteflika en tant que ministre conseiller."Je l’avais chargé d’un message au président du Yémen du Sud qui était en conflit latent avec le Yémen du Nord. L’hôte yéménite, qui ne connaissait rien de moi, a voulu en savoir plus auprès de Bouteflika. Ce dernier, pour toute réponse, eut un geste désolé : “Que voulez-vous que je vous en dise, Monsieur le Président ? Son nom est suffisamment éloquent.” Le président yéménite, en me rapportant ces propos quelques jours plus tard lors de sa visite à Alger, a eu ce commentaire - Méfiez-vous de ce ministre avant de lui faire confiance -.

Attristé, caressait des plantes sous ses pieds, s'interrogeant! "Et où est la gratitude?". Tu sais, s'adressant à son ministre Mohamed Seddik Benyahya : "Je ne me suis jamais fait d'illusions sur la gratitude des hommes, mais quand même, Bouteflika, lui qui me suppliait de lui éviter la prison… Oui, je savais qu'il faisait tout cela pour rester à l'intérieur du pouvoir, et pour s’éviter le jugement à propos des fonds des Affaires étrangères. Ce que j'ai fait pour lui, je ne l'avais fait pour personne."

Chadli raconte que dès sa prise de fonction, il avait demandé à Bouteflika de rembourser les sommes qui avaient été détournées et placées dans des comptes en Suisse, en joignant tous les justificatifs. Il l’avait chargé de prendre attache avec Mohamed Seddik Benyahia, alors ministre des Finances pour régler l’affaire au plus vite. Mais il ne remboursera que dix pour cent du montant demandé et sans joindre les justificatifs. J’ai alors donné mon accord pour le déclenchement de la procédure judiciaire…"

Il observe un moment de silence, puis ajoute d’un ton grave : "Mais j’avais intervenu pour qu’il ne soit pas emprisonné…J’ai fait ce qu’il fallait faire envers Bouteflika… Il avait multiplié les interventions auprès des membres de ma famille et avait même chargé certains amis, comme le Marocain Mohamed Basri ou les dirigeants palestiniens Yasser Arafat et Hawatmeh d’intercéder en sa faveur auprès de moi… "

Ce fut ainsi que Bouteflika obtint de Chadli l’assurance qu’il pouvait rentrer au pays sans être inquiété. Les mesures conservatoires prises à son encontre dans le cadre de l’enquête judiciaire seront levées une à une. "Je lui avais rendu son passeport diplomatique et lui avais rétabli son traitement de haut fonctionnaire. Il avait récupéré tous ses biens grâce à moi…"

                                            Abdelaziz Bouteflika

Que pourrais-je dire de ce lâche?  Tout le monde sait en détail la moindre de ses délinquances et ses médisances qu'il proférait contre le Maroc. J'ajouterais, seulement, à son encontre son ingratitude envers le Maroc et envers ses amis Marocains d'autrefois. Son déguisement à la générosité Marocaine, de ses premiers bancs de classe d'Oujda à son séjours gratuit que lui offraient les autorités Provinciales de Nador avec son commanditaire Boukharouba, que la malédiction divine soit sur les deux.

Avec sa volonté de gommer sa bi-nationalité, voire ses origines Marocaines, il  ne fait aucune référence à son lieu de naissance. Certains biographes Algériens ont même, pour le satisfaire, réécrit l’histoire pour le faire naître à Tlemcen. Et s’il lui arrive encore d’évoquer, comme il le fait souvent en présence de ses convives étrangers, son enfance et sa jeunesse à Oujda, il s’est toujours gardé d’aborder publiquement cette période de sa vie.

Pourtant, il se dit originaire de Tlemcen – En fait, des milliers d’Algériens de Medroma, EL Asnam, Maghnia et Mascara s’étaient réfugies au Maroc, installés particulièrement dans l’Oriental à partir de 1850, après la défaite de leur émir Abdelkader Ould Mohyedine contre les Français -, son père Ahmed était un simple gardien au marché d’Oujda. En tout état de cause, il a vu le jour et a fait sa scolarité dans cette ville de l'Oriental Marocain, avant de rejoindre les rangs du FLN comme pointeur dans un local de vivres détenu quelque part par l'Armée de Libération Algérienne.

De l’autre côté de la vieille médina d'Oujda, existe un bain maure, connu par le public de «hammam Jerda». Selon une légende tenace, sa mère Mansouria Lghazouani, tenait la caisse dans l’aile réservée aux femmes. La typique "m'ma méditerranéenne", le nom que les Oujdis lui donnaient à l'époque,elle a beaucoup compté dans la vie de Bouteflika, qui lui vouait presque un culte au point de lui soumettre ses choix et ses décisions politiques. En 1994, elle lui avait déconseillé de prendre le pouvoir que les généraux lui avaient apporté sur un plateau de bronze.

À deux pas de ce fameux hammam se trouve la première école moderne Sidi Ziane,  qu’Abdelaziz Bouteflika fit ses premières classes, au milieu des années 1940, à l’instar de certaines personnalités Marocaines, comme Ahmed Osman, un ancien premier ministre de feu Hassan II que Dieu ait son âme (!), le philosophe et pieux Allal Sinaceur ou feu Aziz Belal, un économiste du PPS qui lui donnera plus tard des cours d’économie.

Il n’oubliait évidemment pas de solliciter, au passage, l’obligeance du frère de Chadli pour qu’il plaidât son cas auprès du chef de l’Etat. Dans sa frénésie à vouloir s’introduire coûte que coûte au sein de la famille de Mme Benjedid dont il présumait de l’influence auprès de l’époux président, Bouteflika ira jusqu’à faire plusieurs pèlerinages à la zaouïa de faibles renommées. Il s’y fera inviter pour la première fois en 1987 et séjournera plusieurs jours pour attirer leurs faveurs.

Le 5 janvier 1979,  soit une semaine à peine après le décès de Boumediène, Bouteflika,juste trois mois avant son entrée au palais d'El Moradia d'Alger, remet au Trésor public Algérien un chèque libellé en francs suisses d’une contre-valeur de 12 millions de dinar Algérien, tiré de la Société des banques suisses à Genève. Il ne rapatriera pas d’autres sommes, ce qui irritera fortement les autorités Algériennes qui s’estimaient fondées à considérer ces légèretés comme une marque de mépris à leur endroit.

Le chèque remis par Bouteflika était, en effet, loin de correspondre aux chiffres que détenaient les services de renseignements de Kasdi Merbah : Bouteflika aurait, apparemment refusé de s’expliquer sur la disparition de la somme restante de 58 millions DA qu'il doit encore verser à la Cour des comptes et qui reste à justifier". 

Enfin, par hypocrisie des "oulad L'hram" il inventait avec amertume un dicton en sorte de plainte disant que la réalité est qu’il y a eu un coup d’Etat blanc et l’armée a imposé un candidat imprévu. Ce qui est reproché au président Chadli Benjdid, «le seul président, homme de parole et de crédibilité qu'a connu l'Algérie, laissant aux Algériens le nain ingrat de l'Algérie, bafouant, au su et vue de tous, leur destin pendant 20 ans de cauchemar et de danse de coq».Bonne lecture.

                                                                Cordialement,Chihab25

 

Écrire un commentaire

Optionnel